Le règlement européen en matière de protection de données (RGPD) est entré en application en mai 2018. Un an après, place au bilan. Frédéric Brajon, Directeur Général chez Saegus, était sur le plateau de BFM Business pour évoquer le sujet.

 

 

Voici un aperçu des enseignements de notre dernière étude qui a porté sur le partage des données personnelles et leur confidentialité. Par Emile Leclerc, Directeur d’Etudes chez Odoxa et Frédéric Brajon.

 

Les Français apprécient de moins en moins les publicités individualisées alors qu’ils les trouvent de plus en performantes

Avec l’avènement d’Internet et du Big data, le marketing a beaucoup évolué pour se tourner vers l’individualisation. En suivant les produits que nous achetons et consultons, les sites de e-commerce développent des algorithmes leur permettant de nous proposer des produits correspondant à nos goûts et à nos envies. Pour les Français, ces algorithmes sont de plus en plus performants. En 2015, ils étaient 37% à juger que ces publicités étaient bien ciblées. Ils sont désormais 42% à le dire. Mais dans le même temps, ils les apprécient de moins en moins. Alors qu’en 2015, 50% des Français affirmaient apprécier que les sites leurs proposent des produits qui correspondent à leur profil et à leurs goûts, ils sont aujourd’hui 9 points de moins (41%). Quant aux opportunités professionnelles individualisées, elles n’ont pour le moment touché que 21% des Français.

 

76% des Français se disent préoccupés par la collecte de leurs données

S’ils apprécient de moins en moins se voir proposer des produits correspondant à leurs goûts, c’est parce que les Français se disent préoccupés par ces collectes. 76% d’entre eux le disent et ils sont même 29% à affirmer que cela les préoccupe beaucoup. On lit parfois que les géants du numérique nous connaissent mieux que notre propre famille. En trackant nos envies et besoins, les sites internet récoltent effectivement de très grosses masses de données, une pratique qui dérange les Français. Ce sont aussi les potentielles fuites de données dont certaines sont particulièrement confidentielles, comme des données bancaires, qui inquiètent les Français.

Frédéric Brajon, Directeur Général chez Saegus, explique qu’aujourd’hui il y’a une prise de conscience de la part des Français concernant leurs données et ils savent dorénavant que leurs habitudes de consommation sont connues. Néanmoins, des questions subsistent dans les esprits, « où sont stockées les données ? » et « comment y accéder ? ».

 

RGPD : un Français sur deux accepte les conditions sans même les lire

Depuis un an, l’Union Européenne a mis en place le Règlement Général sur la Protection des Données personnelles (RGPD). Il oblige, entre autres, les sites Internet à informer leurs visiteurs sur le type de données récoltées mais aussi à obtenir leur consentement. Dans les faits, la quasi-totalité des Français (83%) nous disent accepter les conditions, 16% seulement préférant se déconnecter du site. Parmi ces 83%, 50% acceptent les conditions les yeux fermés, sans même les lire. A contrario, 33% acceptent les conditions après avoir les avoir lues. S’ils se déclarent préoccupés, les Français ne se prémunissent donc pas toujours, même lorsqu’une information plus précise leur est fournie. C’est certes un paradoxe mais c’est ainsi.

 

57% des Français n’ont pas confiance en Google et Facebook pour mieux respecter les données personnelles

Conscients des inquiétudes de leurs utilisateurs en matière de protection et d’utilisation des données personnelles, les géants du numérique ont récemment annoncé des mesures et outils pour améliorer la « privacy ». Les Français sont assez dubitatifs envers ces annonces. 57% d’entre eux nous disent ne pas faire confiance à Google et Facebook pour mieux protéger les données personnelles. Il faut dire que les modèles de ces deux géants du numérique sont fondés sur l’utilisation des données personnelles, en permettant aux marques de mieux cibler leur clientèle. Les Français se demandent pourquoi ces géants chercheraient à se tirer une balle dans le pied et perçoivent ces annonces comme de la communication visant à améliorer l’image de marque de ces entreprises. Et pourtant, quelles entreprises sont mieux placées pour assurer plus de « privacy » que celles qui en ont la clé ?

« Il est compliqué de faire confiance à Google et Facebook, leurs modèles économiques est fondé sur la revente de données. Bien qu’il y ait eu des sanctions à l’encontre de ces acteurs, le montant de ces amendes est une goutte d’eau comparée à leurs chiffre d’affaires. » nous informe Frédéric Brajon.

 

Découvrez l’analyse complète au travers de notre étude réalisée conjointement avec Odoxa Sondages.

Vous pouvez aussi revoir l’émission sur BFM Business en replay.

 


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